jeudi 21 décembre 2006

L'extrême droite plurielle

La voilà, la première leçon de démocratie de la campagne 2007 en direction de l'UMPS. On serre les coudes à total tribord. Il ne manque plus que le nobliaud du Puy du Fou et la fête à la défaite pourra commencer. C'est vrai qu'à droite de Pasqua il y a une telle créativité idéologique qu'il fallait d'urgence ranger les pions sur l'échiquier : négationnistes têtus, poujadistes de proximité, néo-nazis camouflés, patriotes énervés, nationalistes anonymes, nihilistes affamés, militaristes en retraite, royalistes démagogiques, fascistes tricolores, coopératives des autoritaristes, collectionneurs de timbres coloniaux, antisémitistes visibles, vichystes nostalgiques, petits blancs consanguins, j'en passe tant ça pullule derrière Jeanne D'arc qui préfère partir en fumée. C'est un peu trop facile de brûler leurs images d'Epinal et cela fait perdre un temps fou, alors soulignons plutôt les leçons pédagogiques offertes par cette grande voiture balais du tour de France des idées.
Leçon épistémologique : le nationaliste n'aime pas l'histoire, c'est bon à savoir pour les enfants de tous les pays, comme dirait Enrico.
Leçon idéologique : si l'extrême droite est une droite décomplexée, la droite est une extrême droite complexée.
Leçon électorale : comme trois électeurs du front sur quatre votent ainsi pour faire chier les autres, c'est que les autres les font chier. Apprenons leur le bulletin blanc, qui est un meilleur caniveau les jours de scrutin. Ou alors, votons pour un mort : Coluche, Gandhi, Bourdieu ou Vian.
Leçon proportionnelle compliquée : si l'éclatement de l'aile gauche de la gauche est une machine à faire gagner la droite, la réunification de l'extrême droite est un stratagème visant à faire triompher l'aile centriste de la gauche. Comme il n'y a pas d'aile au centre, les votes s'envolent. (Se reporter aux articles "une malchance pour l'égalité" ; "les rois de la gauche" ; "rupture tranquille" pour approfondir l'incompréhension de ces phénomènes)
Leçon statistique : l'opinion publique n'existe pas, les instituts de sondage non plus. Il vaut mieux jouer au loto.
Leçon héraldique : bah oui c'est moche, un drapeau.
Leçon éthico-sociologique : lorsque les élites pensent et agissent comme des porcs, les électeurs votent comme des cochons.
Moralité démocratique : quand les ploutocrates jouent les méritocrates, le peuple fait semblant d'être populiste.

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